Par Annie Fournier, directrice générale de Boscoville

Il y a cinq ans, j’ai pris la direction générale de Boscoville avec une conviction. Pour avoir plus d’impact auprès des jeunes, il fallait donner à l’organisation les moyens de ses ambitions.

Cinq ans plus tard, ce qui me marque le plus n’est pas une transformation en particulier. C’est tout ce que nous avons réussi à construire collectivement pour rendre Boscoville plus agile, plus experte, plus collaborative, et capable d’avoir une portée beaucoup plus grande.

Une organisation plus agile, plus experte et plus collaborative

L’un des changements les plus structurants des dernières années touche notre structure organisationnelle. Nous avons clarifié les rôles et les responsabilités, développé davantage d’expertise dans nos équipes et donné plus d’autonomie à nos différents secteurs.

Autrefois, de nombreuses personnes portaient plusieurs chapeaux en même temps. Aujourd’hui, les spécialités sont mieux définies et les responsabilités sont plus équitablement réparties. Cela simplifie la prise de décision, limite la concentration du pouvoir dans les hautes sphères de l’organisme et harmonise plus efficacement les compétences de chacun.

Cette transformation a modifié notre manière de travailler. Une organisation qui se connaît mieux, qui s’appuie sur des compétences variées et qui accorde plus d’autonomie à ses équipes devient plus agile et plus efficace.

Notre plus grande richesse : les personnes

Cette métamorphose n’aurait pu se réaliser sans un investissement considérable dans notre département ressources humaines et dans les individus qui composent Boscoville.

Nous avons cherché à améliorer les conditions de travail, à accorder plus d’attention à nos équipes et à leur permettre de contribuer activement à l’évolution de notre culture d’entreprise. Une organisation comme la nôtre repose avant tout sur l’intelligence, l’engagement et l’expertise de ses employés.

Nous avons la chance de réunir des professionnels dont les expertises sont parfois uniques. Cette richesse humaine porte notre capacité à innover et à répondre aux besoins des milieux. Il est donc crucial de prendre soin de nos équipes, de cultiver leurs talents et de créer un climat propice à leur épanouissement professionnel.

La technologie au service de notre mission

Nous avons aussi entrepris un important virage technologique, d’abord pour améliorer notre propre efficacité. De nouveaux outils automatisent désormais certaines tâches, améliorent l’utilisation de nos données, nous font gagner du temps pour des activités à haute valeur ajoutée et nous aident à mieux comprendre notre organisation.

Ce tournant n’a pas seulement affecté notre façon de travailler en interne, mais aussi notre approche pour mettre à la disposition de nos partenaires notre expertise.

Nous avons également intégré des méthodes d’enseignement technologiques dans plusieurs de nos programmes, ce qui a permis d’augmenter l’offre de formations en ligne et de formation continue. Compte tenu de la rareté de la main-d’œuvre et de la mobilité accrue des professionnels, la faculté de communiquer avec les spécialistes d’une manière différente est devenue cruciale.

Des partenariats stratégiques qui amplifient nos actions

Au cours des cinq dernières années, nous avons également travaillé dur pour établir et renforcer de nombreux partenariats stratégiques.

Nous avons solidifié nos relations avec le ministère de la Santé et des Services sociaux et le ministère de l’Éducation, et développé plus récemment un partenariat avec le ministère de la Famille. Ces collaborations sont importantes puisqu’elles mettent notre expertise au service d’enjeux qui touchent directement les jeunes, leurs familles et les milieux qui les accompagnent.

Nous avons également multiplié les collaborations avec des organisations de différents milieux, notamment dans le secteur communautaire. Notre approche de développement de programmes a ainsi évolué, privilégiant désormais une réflexion conjointe avec nos partenaires, les associant étroitement à toutes les étapes du processus.

Cette ouverture élargit le statut de Boscoville. Nous sommes de plus en plus perçus non seulement comme une source de programmes, mais aussi comme un catalyseur pour rassembler les connaissances, tisser des liens entre les savoirs, les méthodes et les expériences terrain.

Au bout du compte, toutes ces transformations n’ont de sens que si elles nous font aller plus loin dans notre mission.

Une portée qui a plus que doublé

C’est probablement ma plus grande fierté des cinq dernières années : nous formons aujourd’hui plus du double de professionnels chaque année.

Derrière ce chiffre, il y a des milliers d’intervenants qui développent leurs compétences, des équipes qui améliorent leurs pratiques et, au final, davantage d’enfants et de jeunes qui bénéficient de programmes et d’interventions fondés sur les meilleures connaissances et les expériences terrain.

C’est là que toutes les pièces du casse-tête prennent leur sens. Nous avons une structure plus agile, des expertises mieux définies, des équipes solides, de meilleurs outils, des partenaires plus engagés et un plus grand rayonnement. Cela nous a permis de développer notre capacité d’action.

Pour moi, c’est la raison d’être de tout ce travail. Rejoindre davantage de professionnels pour contribuer au mieux-être d’un plus grand nombre de jeunes au Québec.

Ce que ces cinq années m’ont enseigné

Ces cinq années m’ont aussi amenée à réfléchir à ce que signifie réellement diriger une organisation.

Il est crucial de comprendre que l’instauration d’un changement durable ne dépend pas uniquement d’une bonne stratégie. Elle repose sur la capacité de créer les conditions pour que les personnes puissent la porter. Mon rôle comme gestionnaire consiste donc moins à avoir toutes les réponses qu’à donner une direction claire, à réunir les bonnes expertises et à créer l’espace nécessaire pour que les équipes prennent leur place.

J’ai aussi appris qu’il faut accepter une part d’inconfort. Transformer, c’est remettre en question des méthodes existantes, tenter des expériences, parfois échouer, mais surtout accepter de ne pas tout comprendre et de ne pas tout contrôler.

C’est peut-être ce qui me stimule le plus dans mon rôle : bâtir. Partir de ce qui existe déjà, imaginer ce qui pourrait être différent et avoir le courage d’explorer des territoires inconnus.

Je crois profondément que Boscoville doit continuer à être pionnière. Les réalités des jeunes évoluent rapidement et nous ne pouvons pas nous contenter de reproduire les réponses d’hier. Nous devons rester curieux, expérimenter et inventer de nouvelles manières d’agir.

La suite

Après cinq ans, je crois que Boscoville a atteint une nouvelle maturité organisationnelle. Nous avons affiné notre approche dans la création de programmes, la collaboration avec nos partenaires et la mobilisation des compétences, ce qui représente une véritable richesse.

Nous sommes prêts à intensifier la diffusion de notre expertise. Nous désirons aider davantage de milieux à mettre en place des programmes et à partager nos expériences et nos méthodes avec d’autres organisations qui cherchent à améliorer leurs pratiques.

Nous voulons aussi continuer à accroître notre portée et  faire connaître le fruit de notre travail. Notre ambition reste la même : rester attentifs aux réalités qui émergent chez les jeunes, prendre le temps de comprendre les nouveaux enjeux, réunir les expertises pertinentes et développer des réponses concrètes qui font vraiment une différence.

Cinq ans plus tard, je retiens surtout ceci : une organisation peut se transformer, se structurer et innover, mais sa vraie force demeure toujours les personnes qui la font vivre.

Et à Boscoville en particulier, cette force fait la différence, jour après jour.