« Si j’échoue c’est fini ».
Peu d’élèves vivant de l’anxiété de performance le disent à voix haute, mais plusieurs le pensent et le vivent. Il devient donc primordial pour les équipes-écoles, en milieu scolaire, de repérer les manifestations de l’anxiété de performance chez les jeunes touchés — souvent les seuls indices visibles de leur détresse.
En plus, il existe deux schèmes d’anxiété de performance : un qui touche des jeunes sur-performants*, et l’autre, les sous-performants – deux schèmes qui présentent des manifestations parfois diamétralement opposées.
Alors qu’un jeune du secondaire sur cinq qui vit de l’anxiété de performance scolaire au Québec**, comment repérer les manifestations observables pour et offrir une réponse appropriée?

Comprendre les types de manifestation
Pour ne pas confondre l’anxiété de performance avec l’anxiété générale, par exemple, il faut d’abord comprendre que c’est une manifestation qui s’applique surtout en situation d’évaluation.
D’une part, cette évaluation est l’élément qui déclenche les signes d’anxiété, et de l’autre, la personne qui la vit pourrait très bien composer avec d’autres éléments stressants de la vie – qui ne sont pas une évaluation directe de ses aptitudes ou connaissances.
Ces manifestations, sont regroupées sous quatre grandes catégories :
- Manifestations comportementales
S’absenter de la classe, dessiner sur son examen, éviter des présentations, etc. - Manifestations cognitives
Pensées irréalistes ou non-aidantes (« je n’y arriverai jamais »), rumination, difficulté à se concentrer, oublier le contenu pourtant appris par cœur, etc. - Manifestations physiologiques
Insomnie, maux de ventre, tremblements, cœur qui se débat, etc. - Manifestations sociales
Peur de la réaction des parents, enseignants, collègues, etc.
5 signes classiques pour reconnaître l’anxiété de performance
1. Un désir de perfection
Corrections obsessionnelles, devoirs rendus à l’avance, travaux impeccables : L’élève veut tout contrôler. En travail d’équipe, il devient gestionnaire de l’autre, ou presse le citron pour stimuler sa performance. Derrière cette rigueur se cache souvent une peur angoissante d’échouer.
2. Une peur disproportionnée
Être nerveux avant un examen, c’est normal. Mais pour d’autres, ça peut causer d’intenses maux de ventre, de forts tremblements, des pleurs incontrôlables ou de l’insomnie. Ce sont des manifestations physiques démesurées qui annoncent que quelque chose ne va pas.
3. Des réactions émotionnelles intenses
Obtenir un mauvais résultat lors d’un travail peut engendrer une crise de larmes ou un effondrement soudain de la confiance. L’élève peut aller jusqu’à percevoir cet échec comme diminuant sa propre valeur.
4. Le retrait ou la démotivation
Paradoxalement, certains jeunes vivant de l’anxiété de performance peuvent sembler désengagés et s’abstiennent de participer, pour éviter d’échouer ou de faire face à l’élément anxiogène. Il ne s’agit pas de paresse, mais bien d’une stratégie d’évitement. Ces élèves vont demander des prolongations à répétition, par exemple, dans un effort de repousser une date de tombée pourtant inévitable.
5. Des comparaisons constantes
Minimiser ses propres réussites et amplifier celles de l’autre, avec qui il se compare constamment, peut créer un cycle infernal d’insatisfaction et de doute chez un élève qui vit de l’anxiété de performance.
Apprivoiser l’anxiété de performance
Savoir reconnaître les signes de l’anxiété de performance est le premier pas vers un accompagnement adapté à la réalité du jeune qui la vit.
Le programme Pastel, offert en milieu scolaire, aide les équipes-écoles à bien cerner les jeunes qui bénéficieront du programme, mais aussi à les doter d’outils pour développer des stratégies afin de mieux composer avec l’anxiété de performance.
La pression fait partie de la vie, et ces jeunes gagneront à découvrir des techniques pour développer leur capacité à y faire face et leur sentiment de compétence, au-delà de résultats obtenus lors d’évaluations.
Parce qu’après tout, l’école est un lieu dédié à la progression, et non à la perfection. Un élève sur cinq a besoin que l’on lui rappelle.
Visitez la page du programme Pastel pour en apprendre davantage sur sa mise en œuvre dans votre milieu scolaire.
*Cet article met en lumière les signes classiques des jeunes appartenant à la première catégorie (sur-performants), par souci de simplicité.
** (Yale-Soulière et al.)
