La démarche du projet vise à comprendre les besoins des jeunes hébergés en centre de réadaptation sous la Loi sur la protection de la jeunesse à l’approche de la majorité, pour mieux soutenir leur transition à la vie adulte (TVA).
L’équipe du projet a pour mandat d’identifier les défis, de répertorier les pratiques actuelles et de proposer des pistes de solutions qui s’inscrivent en complémentarité avec les services existants.
Répondre à des besoins concrets :
La transition à la vie adulte demeure un enjeu pour les jeunes devant apprendre la vie après les centres de réadaptation. Annuellement, on évalue que plus de 2 000 jeunes quittent un placement pour un parcours vers l’autonomie (Goyette et Blanchet, 2018). Pour ces derniers, l’atteinte de la majorité signifie la fin des services de la protection de la jeunesse. Appelée « transition à la vie adulte » (TVA) dans le jargon de l’intervention, cette situation force les jeunes placés à passer rapidement d’un mode de vie basé sur une prise en charge complète à une prise en charge autonome.
Une étude québécoise significative s’est intéressée à l’avenir des ex-placés. Cette étude a mis en lumière certains enjeux, notamment que :
- Plus du tiers des jeunes ex-placés sondés ont au moins connu un épisode d’itinérance dans les trois premières années suivant leur sortie de placement.
- Un peu moins de 30 % des jeunes sondés ne se retrouvaient ni en emploi ni en formation à l’âge de 21 ans.
- Entre 18 et 20 ans, les jeunes ayant vécu un placement ont 10 fois plus recours à des services de santé mentale et de psychiatrie que les jeunes en général.
- Ce n’est que 22,8 % des jeunes de l’Étude longitudinale sur le devenir des jeunes placés au Québec et en France (EDJeP) qui avaient obtenu leur diplôme d’études secondaires (DES) ou une équivalence vers 23 ans et 4,4 % un diplôme d’études collégiales (DEC).
(Goyette et al., 2022; 2024; 2025; Goyette et Blanchet, 2018; Longo et al., 2024.)
Afin d’examiner le système de protection de la jeunesse (DPJ) et les services offerts aux enfants au Québec, la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse est créée en 2019 et émet en 2021 plusieurs recommandations, dont certaines portaient sur la mise en place de services postplacement.
Des changements législatifs ont été apportés à la Loi sur la protection de la jeunesse à la suite de ce rapport. Notamment, la loi stipule l’importance de faciliter la transition à la vie adulte des jeunes et exige que le Directeur de la protection de la jeunesse convienne d’un plan de transition vers l’âge adulte avec les jeunes dans les deux années précédant leur 18e anniversaire. De nombreuses mesures et bonifications ont aussi vu le jour depuis la publication de ce rapport.
À l’occasion des cinq ans de ce bilan, des consultations menées sur le terrain soulignent qu’il persiste toujours un écart entre « (…) l’existence de ces mesures et leur capacité à transformer concrètement les trajectoires de vie des jeunes concernés » (Gouvernement du Québec, 2026a, p. 14).
La démarche TVA
Une évaluation des besoins entourant la transition à la vie adulte des jeunes hébergés sous la Loi sur la protection de la jeunesse a été réalisée par le biais à des consultations conduites sur trois niveaux :
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1- En créant un comité consultatif
Constitué de personnes concernées adultes, soit des ex-placés ayant une expertise de vécu et des perspectives uniques, afin de nous soutenir dans la réflexion à l’égard de l’ensemble du projet.
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2- En organisant différents groupes de discussion sur la TVA
À la fois auprès de personnes concernées – des adolescentes et des adolescents actuellement hébergés sous la Loi sur la protection de la jeunesse – et des intervenantes ou des intervenants qui les accompagnent. Cette démarche a aussi pour but de bonifier la compréhension des spécificités régionales des territoires visités.
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3- En allant à la rencontre de différents partenaires
Des partenaires gravitant dans l’univers de la transition à la vie adulte (ex.: milieux institutionnels, universitaires, de la recherche et organismes communautaires, etc.) pour obtenir leur lecture des enjeux concernant cette question.
La démarche s’adresse à :
Les constats découlant de cette démarche pourraient avoir des applications utiles et concrètes pour les personnes suivantes :
– Jeunes hébergés sous la Loi sur la protection de la jeunesse
– Intervenantes et intervenants accompagnant ces jeunes
Remerciements
Pour leur aide et leur soutien, Boscoville tient à remercier :
- La Fondation des jeunes de la DPJ
- Les membres de notre comité consultatif
- Les jeunes qui nous ont partagé leur vécu et leurs expériences lors des consultations
- Les partenaires institutionnels, communautaires et du monde de la recherche pour les échanges et la transparence
- Santé Québec Chaudière-Appalaches, Santé Québec Laurentides et Santé Québec Capitale-Nationale — Universitaire